Land-grabbing ou l’accaparement des terres : Une troisième vague de délocalisation ?

Edward décembre 9, 2013 0

Les exigences de compétitivité des multinationales ont conduit au cours des dernières décennies à un premier phénomène de délocalisation des centres de production industrielle des pays riches vers les pays à faibles coûts de main d’œuvre.

Dans les années plus récentes, une partie des activités de services ont commencé à être délocalisées vers certains pays en développement disposant d’une nouvelle main d’œuvre qualifiée et toujours « bon marché ».

Ces deux phénomènes s’expliquent principalement par l’exigence de rentabilité auxquelles sont soumises les entreprises cotées en bourse. Un nouveau phénomène apparaît aujourd’hui, il n’est pas motivé par la seule rentabilité, mais par une nécessité des états d’assurer leur approvisionnement en produits agroalimentaires.

 La plupart des pays riches sont dépendants des importations pour assurer leur approvisionnement en ressources agricoles. Cette caractéristique peut être d’autant plus problématique lorsque les marchés se tendent et qu’il n’est plus possible d’acheter tant la demande est forte. Les émeutes de la faim que plusieurs pays ont vécues entre les années 2007 et 2008 ont été un véritable électrochoc pour certains d’entre eux.

 Pour éviter des nouvelles pénuries et devant l’augmentation démographique mondiale, certains pays ont pris les devants en créant des sociétés de gestion spécialisées dans l’acquisition de terres à l’étranger en vue d’être cultivées. Plusieurs régions sont aujourd’hui la cible de ces investisseurs qui privilégient principalement l’Amérique du Sud et l’Afrique Subsaharienne en grande partie.

On assiste aujourd’hui à une véritable course aux concessions agricoles menées par des pays comme la Corée du Sud, le Japon ou ceux du Golfe qui sont dans une réelle incapacité de produire les denrées nécessaires à la survie de leurs populations.

Les pays en développement accueillent ces investissements avec une certaine bienveillance puisqu’ils sont synonymes de modernisation de leur agriculture et deleurs infrastructures, d’opportunités d’emplois ainsi que revenus complémentaires.

 Cependant, ce schéma productiviste n’est qu’une solution temporaire qui ne résout pas le problème d’indépendance alimentaire des états. On reste dans une logique d’exploitation intensive des terres qui se fait au détriment des populations locales qui ont cultivé les sols de façon durable sans n’être jamais propriétaires.

Ne faut-il pas au contraire revoir les postulats de la croissance qui nous poussent sans cesse à produire plus pour consommer d’avantage, sans même faire face à cette réalité évidente que les ressources sont limitées ?

La démographie est l’un des principaux enjeux de notre siècle, sa maîtrise sera une condition nécessaire pour éviter les pénuries et les tensions engendrées par ces dernières.

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