Peut-on être locavore et bien manger ?

Edward décembre 8, 2013 0
Peut-on être locavore et bien manger ?

LégumePour rappel, être locavore signifie consommer des aliments produits à proximité de son domicile (un maximum de 100 à 250 km à la ronde est couramment cité). Les motivations à un tel régime sont diverses. D’une part, il s’agit de diminuer son impact carbone en consommant des produits n’ayant pas nécessité des quantités importantes de pétroles. D’autre part, les locavores revendiquent de pouvoir dynamiser le tissu économique de proximité par le simple fait d’acheter des produits locaux. Dans ce sens, le locavorisme permettrait la fixation des populations en zone rurale ou périurbaines.

Un tel choix n’entraîne-t-il pas une baisse de la variété des produits et donc de la qualité de l’alimentation ?

La réponse est étonnamment la négative. Rappelons-nous tout d’abord que nos aïeux des campagnes, à l’aube de la période industrielle et des premières vagues de migrations rurales avaient un mode de consommation locavore, ils n’avaient pas vraiment le choix. Comme l’ont montré les personnes expérimentant le « 100miles Diet » à Vancouver, un alimentation locavore induit souvent une augmentation de la variété de l’alimentation. En effet, les monocultures pratiquées dans les exploitations intensives fournissant la grande distribution notamment ont induit une uniformisation globale des produits de consommation entraînant par la même occasion une baisse de la biodiversité. On estime que la biodiversité actuelle est équivalente à 35% de la biodiversité constatée au 19ème siècle selon les scientifiques.

Cette réduction du choix est illustrée par l’invariance des produits proposés dans les enseignes de la grande distribution bien que placées à différents niveaux du territoire.

On sous-estime donc la richesse des produits locaux.

Néanmoins, si vous souhaitez devenir locavore si ce n’est en partie, vous vous heurterez à deux contraintes de base, à savoir :

-       Accepter de ne consommer que des produits de saisons

-       Se rapprocher du réseau de distribution de produits locaux (marchés, coopératives voire le producteur directement) et donc de consacrer plus de temps pour ses achats

Etre complètement locavore en tout point du Globe impliquerait de pouvoir se passer de certains produits de consommation courante tels que le poisson ou le sel par exemple si l’on réside loin du littoral, il s’agit donc souvent d’un engagement partiel.

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