La campagne : l’avenir de la ville

Edward décembre 7, 2015 0
La campagne : l’avenir de la ville

Tous les problèmes que nous rencontrons sur le plan climatique ont pour beaucoup leur origine dans la ville ou plutôt dans une conception centraliste de l’économie. La ville est vue comme étant le lieu de consommation des denrées alimentaires et d’énergies qui sont extraites ou produites à l’extérieur de la ville. La révolution industrielle a eu comme principal effet la migration des populations des campagnes vers les villes. C’est un phénomène observable en tout temps et en toute région. Le besoin en main d’œuvre nécessaire à la production de produits manufacturés a été la principale motivation de ce flux vers les villes. Le regroupement de personnes en ville a lui aussi été favorisé car, les citadins constituaient également une clientèle potentielle pour ces mêmes produits donnant ainsi une nouvelle raison dans l’hémorragie des campagnes. Comme nous venons de souligner, la ville a été historiquement un lieu de production et d’échange plus ou moins frénétique qui profitait d’une relative « sobriété » du monde rural. Cette « sagesse » des campagnes, oubliée pendant des décennies refait aujourd’hui surface tant la ville peine a trouver les solutions aux problèmes qu’elle a elle-même causé.

Le paradigme citadin productiviste et consumériste a longtemps été la norme. Il s’est même exporté au monde rural en transformant notamment la vision de l’agriculture et de l’élevage. On est passé d’un modèle familial dont la production était de petite échelle vers un modèle industriel d’exploitation intensive destiné à alimenter les villes. Le concept de libre échange entrepris à l’échelle des pays, a transformé en profondeur les sociétés. La spécialisation étant la norme, la consommation la règle. Aujourd’hui, nous assistons à une remise en cause de ce paradigme notamment devant la réalité des transformations du climat qui trouvent leurs sources dans ce modèle centraliste et productiviste. On réapprend de nouveau les sagesses des anciens, qui eux étaient en contact avec la nature. Les villes deviennent plus « intelligentes », c’est-à-dire que l’on insiste de plus en plus pour qu’elles soient autosuffisantes énergétiquement – hélas pas encore du point de vue alimentaire –. On pense de plus en plus la ville comme un village en fin de compte. On réapplique la vision assez simple qui consiste à ne consommer que ce que l’on ne peut produire. L’autosuffisance nous conduit vers des concepts de consommation locale et de manière générale vers une approche décentralisée de l’économie. Ce « retour en arrière » pourrait apparaître comme historique s’il se produisait profondément et à grande échelle. En effet, quelles sont les sociétés qui ont opéré une telle transformation par le passé ? Difficile de le dire, le retour à la campagne bolchévique n’a jamais eu comme ambition de proposer un modèle décentraliser bien au contraire, les résultats de cette tentative sont pour le moins désastreux.

La reconsidération du monde rural à une époque charnière de notre Histoire pourrait être la clef de voute de notre salut en tant qu’humains qui avons compris les erreurs passées d’expérimentation à grande échelle de concepts qui se sont révélés inharmonieux. Le retour au local, en évitant les pièges du tribalisme nous permettrait à tous de recouvrir notre sagesse disparue dans le brouhaha des villes et du ciment.

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