La déliquescence des valeurs traditionnelles conduit-elle à la folie collective dont nous sommes les témoins ?

Edward juin 5, 2016 0
La déliquescence des valeurs traditionnelles conduit-elle à la folie collective dont nous sommes les témoins ?

Folles est le qualificatif approprié pour décrire nos sociétés modernes en mouvement. Courir, s’empresser, se stresser pour un rien, être contrarié pour une broutille, voilà ce à quoi nous assistons. L’insatisfaction est galopante et elle nous empêche de nous arrêter un moment pour profiter de l’instant présent, de la paix qui pourrait sommeiller en nous. La folie actuelle qui nous oblige à courir encore et toujours nous contraint à l’absence de questionnement sur les réels buts et dimensions d’une vie accomplie. Au lieu de cela, nous comblons nos vides psychiques et moraux par une acquisition incompréhensible de biens matériels qui ne sauraient qu’un instant nous satisfaire de la tristesse qui caractérise notre époque.

Le productivisme et le consumérisme (un autre avatar du productivisme, sans lequel ce dernier ne pourrait exister) contribuent à la destruction de nos univers moraux hérités de nos aïeuls. La consommation détruit le sacré parce qu’elle place l’argent au dessus de tout : ce n’est plus la morale qui règne mais bien la matière. L’argent a lui seul devient le repère moral de notre époque, ce qui en fait par conséquent une époque immorale.

Le capitalisme pour fonctionner nécessite pourtant la « collaboration » des valeurs traditionnelles. Par exemple, une entreprise a besoin d’une certaine loyauté, d’un sens de l’honneur, d’un certain désintérêt pécuniaire, d’une forme d’abnégation ou dévouement de ses employés pour fonctionner correctement et s’enrichir. Or, on constate que le capitalisme contribue à la disparition de toutes des valeurs morales car par principe, si on fonctionne uniquement par rapport à l’argent (c’est-à-dire au bénéfice matériel), toutes les valeurs précédemment citées n’ont aucun sens dans une pure logique mercantile (de marché). « Faire de l’argent et partir » voilà à quoi il faudra s’attendre dorénavant, la stratégie de la spéculation financière sera reprise jusqu’au plus petit maillon de la chaîne économique : le salarié. Dès lors, on considère raisonnablement difficile la poursuite d’un tel modèle qui pour survivre a besoin de valeurs étrangères dont il est lui-même le destructeur.

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