Les banlieues peuvent-elles être comparées à des réserves indiennes ?

Edward juin 9, 2016 0
Les banlieues peuvent-elles être comparées à des réserves indiennes ?

Après lecture d’un livre consacré aux Indiens d’Amérique du Nord, j’ai constaté qu’un parallèle  pouvait être fait entre les caractéristiques de certaines banlieues et la vie en réserves.

Quelle est la définition d’une réserve ?

Au Canada : Il s’agit d’ « une parcelle de terrain dont le titre juridique est attribué à Sa Majesté et qu’elle a mise de côté à l’usage et au profit d’un groupe d’Indiens »

Aux Etats-Unis : Il s’agit d’ « une bande de terre réservée à l’usage des Indiens. Le nom vient des premières relations entre Blancs et Indiens, quand les Indiens ont cédé des terres lors de traités, s’en réservant une partie pour leur usage propre ».

Les réserves indiennes sont souvent des zones de grande pauvreté, à l’écart des grandes villes. Elles y concentrent chômage et précarités diverses (éducation, santé, intégration sociale etc.). Elles peuvent s’autogérer, notamment par l’élection des chefs de tribus. Elles sont très souvent exonérées d’impôts, fonctionnant en autarcie parfois ou avec les subvention de la Province ou l’Etat desquels elles dépendent. Elles peuvent mettre en place des économies différentes des zones « hors réserves » du fait même du statut qu’elles occupent. Les Indiens partent quelquefois en ville pour aller travailler et gagner quelques sous, mais ils n’y récoltent le plus souvent que mépris ou indifférence. Leur intégration dans la société Nord-Américaine est difficile où ils continuent d’essayer de préserver leurs traditions tout en essayant d’adopter un mode de vie dont ils récusent parfois l’idéologie. Américains de fait, sans vrai l’être tout à fait, leurs ancêtres ont été décimés tandis qu’eux survivent tels des fantômes dont la présence gêne, ils sont les vestiges vivants d’un monde disparu : celui des hommes à l’écoute de la Nature. Pourtant, toute cette sagesse ancestrale qui a été anéantie par la force des armes pourrait être un modèle sur lequel l’Amérique pourrait bâtir une nouvelle société, empêchant ainsi la disparition du vivant causée par la course au profit.

La banlieue est différente puisqu’elle abrite des populations « non indigènes ». Cependant, elle est très semblable au modèle de réserve précédemment décrit. Les générations de banlieusards se succèdent sans pour autant que « les racines prennent ». Etrangers et considérés comme tels, peu importe les années, ses habitants finissent par recréer l’habitat d’origine qui a vu grandir leurs aïeuls. Ils ne font pas souche dans le pays qui les « accueille » mais ils rapportent de la terre du pays d’où ils vivent pour recréer un monde familier et moins menaçant. C’est ainsi qu’évolue la banlieue, qui a ses codes, ses coutumes, ses lois. Il ne s’agit pas de « territoires perdus de la République » mais de terres que cette dernière n’a plus voulu cultiver. Les plantes qui y poussent ne sont pas bien différentes du reste, elles ont simplement moins eu d’attention. Pourtant, la banlieue recèle une réserve de spritualité qui pourrait être insufflée au reste de la société, permettant ainsi un renouveau par une empathie mutuelle.

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