L’insulte silencieuse

Edward octobre 30, 2016 0
L’insulte silencieuse

Lettre à certaines personnes que je croise, dans la rue, dans le métro etc.

Chère Madame, cher Monsieur,
Je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas, pourtant dans votre regard, tout semble dire le contraire. Vous ne me regardez pas totalement dans les yeux, pourtant vous épiez chacun de mes mouvements. Au moindre pas ou geste de ma part, vous vous accrochez à votre sac et vos effets personnels, comme si j’avais le pouvoir de les arracher à distance. Votre peur à mon encontre, crée en moi un trouble, un doute. Suis-je bien la personne que vous semblez tant craindre ? Je ne m’étais pas rendu compte que j’étais cette personne qui pouvait inspirer autant d’effroi. Cette peur que vous projetez crée un malaise entre nous. J’ai beau rester calme, je suis comme paralysé. Je ne sais où me mettre, sans avoir l’impression de gêner. Dans ma tête, je ne peux plus faire le vide, je n’ai qu’une envie, c’est de vous pardonner de m’avoir fait sentir ainsi. Pourtant, dans ma journée, vous êtes des dizaines à me lancer ce regard, je finis par me dire qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi. Ces confrontations répétées, me rendent triste car elles creusent un peu plus la distance entre nous. Ma bienveillance à votre égard est suspecte, alors je me ferme et compte les minutes qui me séparent de mon arrêt final. Parfois, une certaine colère monte en moi. Je me dis que je ne mérite pas d’être regardé avec tant de suspicion. Pourtant m’énerver, vous donnerez raison. Alors, je n’ai trouvé comme parade que me rappeler de dieu. Vous me condamnez au premier regard sans aucune forme de jugement. Ma seule réponse est de vous pardonner encore et toujours.
Dans vos yeux, il y a comme une insulte qui me fait mal et qui dresse entre vous et moi un mur invisible. Vous n’avez pas besoin de parler, j’ai deviné votre pensée. Vous ignorez qui je suis, ce que je pense, d’où je viens, même si vous pensez le contraire. Par votre attitude, vous témoignez un mépris, une haine envers l’image que je vous revois. Mais mon apparence n’est que l’infime partie de ce que je suis. Votre cœur est fermé, si je ferme le mien, vous aurez alors gagner… Vos préjugés je dois vous les pardonner, et peut-être qu’avec le temps vous me regarderez autrement.

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