Derniers jours d’un condamné,

Edward novembre 20, 2016 0
Derniers jours d’un condamné,

Né pour mourir

Vous ne me connaissez pas et moi non plus, pourtant dans quelques semaines vous aurez peut-être le plaisir de déguster ma chair.

Je suis un tout petit, je n’ai pas trois mois, on m’a arraché à ma mère, je ne l’ai pas connue, je ne me rappelle seulement que de ses larmes lorsqu’elle m’a vu quitter l’endroit où elle avait mis bas.

Je suis un bébé, pourtant je vais mourir, parce que votre société en a décidé ainsi. Je n’ai pas vécu, mais je vais mourir dans un anonymat total, sans avoir expérimenté un instant de joie. Tout au long de ces 3 mois, je n’ai expérimenté que souffrance, larmes et torture. Je ne suis pas humain, c’est mon seul tort, cela vous donne tous les droits : me réduire en bouillie, me traiter comme du bétail,… c’est normal j’appartiens au bétail.

Je compte les jours qui me séparent de ce moment fatidique qui m’arrachera la vie, une vie où je n’ai presque pas vu la lumière du jour, ce sera peut-être une délivrance pour moi.

N’avez-vous pas de cœur ? Ne voyez-vous pas mes supplices, ou vous ne voulez pas les voir ?

Manger l’enfant que je suis ne vous donnera-t-il pas honte ? Tant de souffrances, tant de tristesse, pour cet instant de plaisir ?

Je suis invisible dans votre monde, ma douleur d’animal ne vous atteint pas, et pourtant moi qui croyais que vous nous étiez supérieurs.

Je vais mourir, j’emporte avec moi les quelques instants d’une vie injuste, en effet je ne crois pas avoir mérité ce sort. Est-ce mon innocence qui fautive en fin de compte ? Que ma mort soit utile pour les autres animaux qui vont naître, je vous en prie regardez-les, regardez leur souffrance, et cessez de nous manger.

Leave A Response »

You must be logged in to post a comment.